Patrice REMBAUVILLE-NICOLLE est avocat au Barreau de Paris depuis 1973. Chevalier de la Légion d’Honneur et du Mérite Maritime, Ancien Membre du Conseil National des Barreaux et du
Conseil de l’Ordre des Avocats à la Cour de Paris, il est également le co-fondateur du Cercle des Avocats Indépendants. On lui doit aussi de nombreuses publications sur le droit maritime et
aérien, secteur dans lequel il est particulièrement impliqué.
A quoi sert le Conseil National des Barreaux ?
Alors qu’il est en fonction depuis 1992, cette question pourrait paraître incongrue.
Chacun sait, en effet, ou devrait savoir (mais il arrive même au Garde des Sceaux, ce fut aussi le cas de ses prédécesseurs, de ne pas respecter la Loi…) que le
Conseil National des Barreaux est la seule institution légalement investie de la représentation des Avocats auprès des Pouvoirs Publics.
Parmi les raisons qui m’ont finalement conduit à démissionner à l’issue du 1er tiers de mon 3ème mandat, figure en bonne place ma lassitude de voir que ni les
Pouvoirs Publics ni, surtout, les Avocats, à commencer par les «chefs» qui prétendent diriger la Profession, ne respectent les textes qui s’imposent à nous.
L’affligeant spectacle (je ne critique pas ici l’excellente prestation du Président Iweins) auquel j’ai assisté lors de l’Assemblée plénière de la Convention Nationale
des Avocats, à Lille, vendredi 17 octobre, ne m’a pas rassuré et les projets dont j’ai connaissance m’inquiètent encore davantage.
Qui peut croire , en effet, qu’il est n'est pas contradictoire de proclamer sans rire que la Profession d’Avocat est unie et parle d’un seule voix alors qu'ont pris
successivement la parole le Président de la Conférence des Bâtonniers , le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris puis le Président du Conseil National des Barreaux ? Emouvante
trinité ! Unité de façade !
Qui peut croire, aussi, que le Bâtonnier de Paris actuellement en exercice et qui, fin stratège, a décidé de se faire coopter en qualité de membre ordinal lors des
élections du 9 décembre 2008, aurait l’intention de venir siéger au Conseil National des Barreaux pour renforcer la position de son Président (qui sera issu de la Conférence des
Bâtonniers en application de petits arrangements si chers au microcosme) et mettre ainsi un terme à la cacophonie ruineuse et ridicule que les Pouvoirs Publics prennent plaisir à constater et
parfois à susciter ? Il y va, bien sûr , pour peser de tout le poids de son Barreau, ce qui n'est pas une erreur en soi, mais également pour provoquer le désiquilibre de
l'institution si elle ne suit pas les avis du Barreau de Paris, ce qui n'est pas respecter la Loi et la Démocratie ... Je rêve que les faits me donnent tort !
Partout, à tout propos, ces temps-ci, on parle de «bonne gouvernance». Que ceux qui, pour de bons ou de mauvais motifs, voudraient ne pas devenir Avocats dans le cadre d’une
future et hypothétique « Grande Profession » (que la Liste Indépendante appelle de ses voeux) soient rassurés : ce n’est pas encore au Barreau tel qu’il est composé et sera représenté qu’ils
rencontreront une influence, concurrence et une compétitivité susceptibles de porter atteinte à leur indépendance !