Muriel LAROQUE est avocat au Barreau de Paris depuis 1972. Spécialisée en Droit des Personnes et en Droit Pénal, elle est également Présidente de l’Association des Avocats de la
Famille (A.A.F.).
Lorsque le Cercle des Avocats Indépendants m’a proposé d’être l’un de ses candidats, j’ai accepté avec enthousiasme, alors que je n’ai jamais souhaité me présenter à une
élection.
Aujourd’hui, et plus que jamais, la profession d’Avocat va se moderniser, s’adapter à l’évolution de la société ; tant mieux ! Et c’est une chance pour nous de participer à
l’avenir de la Justice, de redéfinir les contours de notre activité professionnelle afin d’offrir au justiciable le meilleur service tout en restant fidèle à notre serment.
Notre quotidien est rude, de plus en plus rude car les relations entre Magistrats et Avocats se détériorent au fil du temps. Faut-il rappeler que nous sommes tous des
auxiliaires de Justice ?
Et pourtant… qui le croirait aujourd’hui, au regard des tensions entre nos deux professions qui semblent de plus en plus s’ignorer ?
Quelles en sont les raisons ?
Une culture judiciaire différente dispensée à l’ENM et au CRFPA, des impératifs économiques particuliers pour l’Avocat nécessitant une optimisation des coûts de son
Cabinet.
Globalement, les Magistrats se plaignent souvent de notre manque de courtoisie, de notre désinvolture, de dossiers vides de pièces essentielles.
Globalement les Avocats déplorent souvent que l’équité l’emporte sur le droit, qu’utiliser son Code de Procédure Civile ou Pénale soit considéré comme de l’acharnement
procédurier ou d’une multiplicité d’actes inutiles, de ne pas être reconnus dans notre travail, l’article 700 du CPC en est une magnifique illustration…
Que faire et comment remédier à ce malaise ?
D’abord, s’il est exact que nous sommes de plus en plus nombreux et que le nombre des instances judiciaires augmente face à des Juges et des Greffiers débordés, l’ensemble de
ces raisons implique que nos échanges soient restreints.
Mais, il est certain que lorsque nous prenons le temps de nous connaître, nous nous apprécions individuellement.
Restaurer la confiance, le dialogue entre nos deux professions, c’est apprendre à mieux coordonner nos efforts au sein du réseau judiciaire, c’est privilégier le règlement
amiable des conflits, c’est continuer de multiplier les colloques, les réunions entre nous pour mieux appréhender les difficultés de nos champs respectifs et exercer notre mission le plus
sereinement possible.