Rédaction

8, rue des Capucines
75002, PARIS
Tél : 01 42 60 04 31
Email : info@lp-avocats.com

Propriété intellectuelle :
Toute citation devra faire apparaître le titre du document ou de la page du Site Web cité, le nom de son auteur et, le cas échéant, la date et le numéro de publication du document cité.

Appels d'offre

Annonces de locaux

"Le petit chat et nous" par Arnaud LIZOP (21/01/2009 )  Une institution qui représente la profession d’avocat ne peut être puissante que si elle est libre et démocratique, elle ne peut être libre et démocratique que si elle...

"La vigilance du flamand rose" par Arnaud LIZOP (15/01/2009) Le 9 décembre 2008, le Conseil national des barreaux a été renouvelé avec un taux de participation de 45,5 % dans la circonscription nationale et de 37,8% à Paris. Cette participation est comparable à celle des élections prud’homales qui ont eu lieu à la même période et à l’occasion...

Communiqué : Création du Groupe des Avocats Indépendants au CNB (03/01/2009) Mercredi 24 décembre 2008 au Café Zimmer: Christophe TATTEVIN et Arnaud LIZOP (élu du Cercle des Avocats Indépendants) proposent à Jean-Yves FELTESSE (élu d'Avocats Tout Simplement) de fusionner leurs groupes au sein du CNB et de proposer aux élus de l'Association des Barreaux de France...

"L'ours blanc aux marches du Palais" par Arnaud LIZOP (23/12/2008) L’art contre les rites : Le nom d’avocat existe toujours, le métier survit, mais l’art de l’avocat semble s’évaporer, comme l’eau de ces lacs dont les photos aériennes font apparaître, années après années, les contours rétrécis et les eaux devenues stériles. L’avocat se...

Communiqué : Deux sièges au CNB pour les indépendants ! (17/12/2008) Chers amis, Le C.N.B a proclamé les résultats de la circonscription de province aujourd’hui. Grâce aux efforts de chacun le C.A.I a désormais deux sièges, un en Province et un à Paris. Cette campagne a permis de vérifier l’unité profonde des...


"La résidence professionnelle" par Laurent DEVAUX (21/10/2008) Laurent DEVAUX est avocat au Barreau de Paris depuis 2000. Avocat généraliste, candidat au CNB au sein de la liste du Cercle des Avocats Indépendants, il participe aussi à la rédaction de la revue D.O actualité. PREMIERES REFLEXIONS SUR LA RESIDENCE...


"La relation entre magistrats et avocats" par Muriel LAROQUE (17/10/2008) Muriel LAROQUE est avocat au Barreau de Paris depuis 1972. Spécialisée en Droit des Personnes et en Droit Pénal, elle est également Présidente de l’Association des Avocats de la Famille (A.A.F.). Lorsque le Cercle des Avocats...

"La formation initiale" par Jean-Christophe BEAURY (17/10/2008) Jean-Christophe BEAURY est avocat au Barreau de Paris depuis 1995. Titulaire d’une maîtrise en droit économique et fiscal" (Paris II) et d’un LL.M en "droit économique et international" de l’Université de Londres, il est spécialisé dans les fusions acquisitions au sein de...


"Les nouvelles frontières du droit" par Arnaud LIZOP (17/10/2008) Arnaud LIZOP est avocat au Barreau de Paris depuis 1980. Titulaire d'un DEA de droit public (Paris II) et d'un DEA de sciences politiques (IEP de Paris), il est également intervenant à initiadroit, membre de la sous-commission du Conseil de l'Ordre "Majeurs vulnérables" et...


"L'utilité du C.N.B" par Patrice REMBAUVILLE-NICOLLE (17/10/2008) Patrice REMBAUVILLE-NICOLLE est avocat au Barreau de Paris depuis 1973. Chevalier de la Légion d’Honneur et du Mérite Maritime, Ancien Membre du Conseil National des Barreaux et du Conseil de l’Ordre des Avocats à la Cour de Paris, il est également le co-fondateur du Cercle des...


"Pourquoi ? Pourquoi pas ?" par Gilles HUVELIN (16/10/2008) Gilles HUVELIN est avocat au Barreau de Paris depuis 1976. Spécialisé en droit commercial, ill est également mandataire devant les tribunaux de commerce de Paris, Nanterre, Bobigny, Pontoise et Créteil. ...

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

                  LE PETIT CHAT ET NOUS

 

Une institution qui représente la profession d’avocat ne peut être puissante que si elle est libre et démocratique, elle ne peut être libre et démocratique que si elle respecte - strictement -  ses propres règles.

 

Comme chacun d’entre nous, la Démocratie a deux yeux dont seule l’existence conjointe assure la profondeur. Profondeur du champ visuel en ce qui nous concerne ; « pertinence concrète » en ce qui concerne les institutions, c’est-à-dire lien entre les principes et la réalité qui doivent être liés l’un à l’autre « comme le cercle à son centre » ainsi que l’écrivait Hanna Harendt.

 

Les yeux de la Démocratie sont d’une part la proclamation de ses valeurs, portée par la conformité de la pensée avec le discours,  et d’autre part le respect des procédures qui permet de s’assurer de la conformité des actes avec le discours issu de la pensée.

 

C’est dire à quel point est important le respect de « la forme ennemie jurée de l’arbitraire et sœur jumelle de la liberté » selon la magnifique formule de Iérhing.

 

Quand la philosophie inspire et que la procédure transpire, la démocratie respire.

 

*

*   *


Quel rapport, me direz-vous,  tout cela a-t-il avec l’exercice de leur mandat par les élus du CNB? J’y arrive, mais je tenais a rappeler l’importance cruciale du respect des formes et des procédures, surtout lorsque sous les prétextes usuels de « détail », « d’usage », de « commodité », ces dernières ne sont pas respectées.

 

Le premier devoir de l’Assemblée Générale du CNB - dont il convient de rappeler la prééminence sur le Bureau qui en est issu - est de faire respecter – strictement – ses procédures, c’est-à-dire ses règles écrites et ses usages. Dans cet ordre : règles d’abord et usages ensuite :

 

Loi du 31 décembre 1971 modifiée, Décret  du  27 novembre 1991 modifié, Règlement Intérieur[1], usages enfin … et à la fin.

 

Ce n’est pas faire injure aux usages de rappeler que dans la hiérarchie des normes, chère à Kelsen, ils viennent après les textes. Au contraire, l’hommage rendu à l’importance des textes donne aux usages toute leur place.

 

*

*   *

 

Les usages sont, par définition, recensés et créés par ceux qui disposent d’un pouvoir et d’un outil pour en formaliser le contenu et la portée.

 

Lorsque les usages passent avant la règle, les lois élémentaires de la gravité réduisent par touches successives l’utilité de la règle à un rôle supplétif.

 

La confusion s’installe et contamine à son tour la règle. Comme la loi de Gresham qui, en économie, établit que la mauvaise monnaie chasse la bonne, en droit, l’usage illégitime, chasse la loi.

 

De cette confusion naît pour une institution la perte de sa légitimité puis, au pire l’arbitraire, au mieux le désenchantement.

 

L’usage, qui est, par définition, plus souple que la règle, est toujours polymorphe et exposé au risque de devenir discrétionnaire.

 

C’est son charme, son atout, sa faiblesse aussi au regard des textes qui demeurent enchâssés dans une lecture nécessairement plus stricte.

 

Il est donc essentiel de proclamer que, dans la liturgie démocratique, à laquelle je suis farouchement attaché, la règle vient avant l’usage et se situe au dessus de ce dernier qui se décompose en deux types distincts : L’usage qui provient du silence des textes et l’usage qui vient de la carence des textes.

 

En présence d’un texte clair, tout recours à un usage contraire au texte est un abus passible des sanctions de la loi.

 

*

*      *

 

La très faible participation de nos confrères aux dernière élections (45% dans la circonscription nationale et à peine 37% à Paris) reflète la conviction de nos confrères selon laquelle des usages obscurs et mystérieux recouvrent comme une vilaine croûte le fonctionnement de nos institutions professionnelles dont, par méfiance, ils se tiennent, à tort, éloignés.

 

Nous voulons les convaincre, au fil de nos interventions, que nous parviendrons à rassembler des majorités de convictions pour lutter contre des coalitions d’intérêts. Nous convaincrons nos confrères et nos électeurs que la démocratie au service des avocats n’est pas une utopie mais la condition de notre renaissance.

 

L’oligarchie confinée dans le silence ouaté des usages ayant fait la preuve de son efficacité très très relative, faisons de la démocratie réelle une idée neuve pour nos institutions et un but pour notre mandature.

 

Devil is in the details disent nos amis anglo-saxons, orfèvres en démocratie. Suivons pour une fois leur exemple sur le détail suivant :

 

L’envoi par le CNB d’une fiche demandant aux élus de s’inscrire dans diverses commissions « permanentes » dont les Présidents n’ont pas été élus par l’AG, pourtant seule compétente en la matière.

 

Les élus indépendants demandent aujourd’hui un rappel au règlement (art.11-2) sur ce point afin que soit mentionné la compétence exclusive de l’AG en matière de constitution de commissions permanentes et de désignation de leurs Présidents et la compétence partagée du Président du CNB et de son Bureau avec l’AG pour la constitution de commissions ad hoc seulement et la nomination de leurs Présidents.

 

Les fiches correspondantes, qui établissent la répartition des membres du CNB dans les commissions ne pourront être prises en compte qu’après rectification de ce point, important à nos yeux en ce qu’il concerne une prérogative exclusive de l’Assemblée Générale du CNB.

 

C’est la première d’une série d’étapes destinées à nous assurer que la pyramide est bien à l’endroit :

 

Une Assemblée Générale souveraine, et un Bureau subordonné au Président qui dispose seul des compétences fixées par la Loi, notamment en matière de Formation (art. 39 du Décret) et de relations avec le ministre du budget au titre du contrôle financier du CNB et des CRFPA (Arrêté du 26 octobre 1992).

 

Quel rapport tout cela a-t-il avec un petit chat ?

 

Le voici : Il était une fois, l’été, une nuit de pleine lune un petit chat perché sur un toit. Voyant passer une théorie de chats qui courraient à toute allure vers la place du village, le petit chat leur dit : où allez-vous ? Nous allons faire l’amour répondit l’un d’eux. Le petit chat peu au courant des choses de la vie mais ayant eu vent que cette aventure était magnifique se mit à les suivre. Et les voilà tous, sur la place du village courant pour attraper une chatte qui tentait d’échapper à la horde. Et les chats tournaient, tournaient autour de la place du village éclairée par un unique réverbère tandis que le petit chat s’efforçait de les suivre en comptant les tours de la place,1,2,3... au bout de quelque tours, le petit chat essoufflé se dit : « je fais encore trois fois l’amour et j’arrête ». Ceci fait il rentre chez lui et trouve d’autre petits chats auxquels il raconte comment il fit l’amour.

 

Je ne voudrais pas que pendant trois ans nous poursuivions notre garde des sceaux avant de revenir vers nos électeurs leur expliquer que nous avons renforcé la démocratie au CNB alors que nous aurions renforcé une oligarchie que les électeurs ont déjà massivement rejeté en désertant les urnes.

 

 

Arnaud Lizop

arnaudlizop@orange.fr

Cercle des Avocats Indépendants

(Paris - collège général)

 

 

Avec le plein accord de Christophe Tattevin

Cercle des Avocats Indépendants

(Bâtonnier de Vannes – collège général )

 

 

 

 

 

 

 

 

P.S : Deux autre questions aux confins des usages et des textes seront prochainement abordés par les élus indépendants - et leurs alliés - au sein de l’Assemblée Générale :

 

- La durée du mandat présidentiel.

 

- Les conditions de fonctionnement des Assemblées générales (délai de fixation des ordres du jour, procédure d’amendement, communication dans des délais décents des PV avant leur adoption, leur modification ou leur rejet).

 

Note:  « Droit de Regard » a été conçu à l’origine pour permettre aux élus du Cercle des Avocats Indépendants au CNB de rendre compte de leur mandat tous les mois conformément à leur engagement et d’établir un lien entre les élus de toutes tendances dont l’objectif est : démocratiser nos institutions professionnelles pour renforcer la place des avocats et le rôle du Droit dans la société.

 

Les encouragements reçus à la suite du premier numéro [2]nous incitent à élargir progressivement la diffusion de ce bulletin.

 



[1] modifié par l’Assemblée Générale lors de son des 12 et 13 décembre 2008, dans son ultime session avec un procès-verbal approuvé par un courriel circulaire dont la teneur et le résultat sont inconnu à ce jour des nouveaux élus.

[2] « la vigilance du flamand rose » disponible par e-mail sur simple demande.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Le 9 décembre 2008, le Conseil national des barreaux a été renouvelé avec un taux de participation de 45,5 % dans la circonscription nationale et de 37,8% à Paris. Cette participation est comparable à celle des élections prud’homales qui ont eu lieu à la même période et à l’occasion desquelles la classe politique - unanime - a considéré que le taux d’abstention représentait un danger réel pour l’efficacité, la légitimité et la pérennité de cette institution bi-séculaire.

Les 52.324 avocats n’ont donc guère été plus participants que les 18.846.979 employeurs et salariés qui eux-mêmes sont nettement moins participants que les 43.896.043 électeurs qui, à plus de 80%, ont participé aux élections présidentielles de 2007.

C’est un fait arithmétique, indiscutable, vertigineux : le sentiment démocratique est inversement proportionnel au niveau de formation. La pente naturelle des élites française ne tend pas vers la démocratie mais vers l’oligarchie.

Pour peser sur les événements, il ne faut pas insulter les faits, mais commencer par en prendre acte. C’est ce que les élus du CNB ont fait, dans une atmosphère conviviale et appliquée en peaufinant le modus operandi de notre oligarchie représentative pendant dix heures consécutives lors de l’Assemblée Générale du CNB qui s’est tenue le 10 janvier 2009.

Nous avons élu à notre tête le Bâtonnier Thierry Wickers (soutenu par les élus du Groupe des Avocats Indépendants) avec 75% des voix contre le Bâtonnier Frank Natali, après avoir écouté leurs deux discours.

Premier discours, celui de Frank Natali,  empreint de cette émotion du challenger qui sent que la barre est trop haute, pour lui ; en cet instant. En partageant avec son auditoire le sentiment de cette incertitude, il la matérialise et se condamne ainsi à rater une épreuve dont l’aléa incompressible comportait pourtant une part de chance qui aurait pu lui être favorable.

L’autre discours était celui du defender, Thierry Wickers, qui avançait avec un humour distingué et cette tranquille assurance de celui qui ; tout en sachant que la victoire est pour lui, sent aussi que le seul fait de l’envisager trop clairement pourrait en dissiper le charme et la faire disparaître comme un papillon de nuit soudainement éclairé. Pour conjurer le sort, il avance avec cette humilité confiante qui signe les vraies légitimités … et il l’emporte haut la main.

Ce bref momentum passé nous avons ratifié a des majorités exubérantes et quasi-unanimes de plus de 96% des voix, souvent à mains levées, les candidatures proposées pour les membres du Bureau. Par déférence pour ces derniers, nous n’avons élu les présidents de commissions qu’à des majorités plus modestes : 89%, en moyenne.

J’ai participé sans vergogne à ce happening électoral au cours desquels défilaient, le plus souvent, des candidats uniques, dont les brèves présentations donnaient le sentiment peu convaincant, qu’ils éprouvaient un frisson électoral qui se terminait par une forêt de mains levées dans une version soft, liophilisée et très convenable de « hola » de fin de match.

Les chiffres inversement proportionnels des taux de participation précités et des scores ultérieurs nous invitent, les premiers à une certaine modestie et les second à une certaine humilité devant le hiatus qui sépare d’un coté la nature démocratique proclamée de nos institutions et de l’autre leur fonctionnement oligarchique avéré.

*
*      *


En soi, cela n’est pas gênant. Il y a des oligarchies fidèles à l’intérêt général, des despotismes qui ont accouché de lumières et des démocraties qui enfantent des monstres, comme ces dernières années à Guantanamo. Ce qui serait gênant, serait d’appeler démocratie ce qui est une oligarchie.

La question qui se pose est donc de savoir si notre sympathique oligarchie sert la cause des avocats qui, comme l’aigle de l’empire austro-hongrois, a deux têtes : celle des causes qui nous sont confiées et celle des avocats qui en sont les serviteurs.

Le vaste consensus, répété à satiété pendant la campagne des élections au CNB, est clair :

Notre impuissance devant les méthodes utilisées par le gouvernement et devant l’orientation des réformes en cours ; notre constat affligé devant le déclin de notre profession, en influence et en moyens, convergent vers un troisième consensus : celui d’une indispensable réforme de nos institutions représentatives qui devront clairement choisir le camp de l’oligarchie rationalisée ou celui de la démocratie organisée.

La dernière mandature, dans un ultime hoquet, postérieur à notre élection, s’est emparée de la question au dernier moment, comme un enfant qui reprend du dessert alors que le repas est fini et s’est prononcée sur la nécessité d’une réforme du CNB.

Cette Assemblée Générale, confite dans trois années d’expérience et de bonheur(s), a abordé cette question délicieusement explosive dans des termes, dont la perfection dans l’ambigüité force l’admiration et me fait humblement douter de parvenir, fut-ce au bout de trois ans de mandat appliqué, à un tel sommet.

Nous y reviendrons.

Que ceux qui souhaitent que l’oligarchie aille jusqu’à son terme aient le courage de l’affirmer clairement et que ceux qui auront l’audace de la démocratie se préparent, avec nous.

En tout état de cause, l’organisation du CNB devra changer rapidement pour que notre profession, enfin unie au sein d’une instance nationale réellement démocratique et représentative de tous les Ordres, sans exception, nous permette d’assumer le mandat que les électeurs nous ont confié.

En camargue, lorsque les flamands roses plongent leurs cous dans l’eau poissonneuse des étangs, l’un d’entre eux veille et tient dans sa patte un caillou qu’il laisse tomber en cas de danger et, au bruit du caillou dans l’eau, l’ensemble des flamands s’envolent.

Tels les flamands de camargue, soyons attentifs à ce que la nécessaire réforme du CNB ne se fassent pas selon la méthode, si chère à notre Garde des Sceaux, de la concertation après décision, qui, par un regrettable mimétisme, déteint parfois sur ceux qui la dénonce le plus fort.

L’expérience montre que ces méthodes, loin d’assurer le succès des causes qu’elles prétendent servir, les entraînent dans un naufrage commun avec les aventuriers qui s’en sont servis.
 
Le Groupe des Avocats Indépendants au CNB sera clairement - dans le camp des démocrates - un acteur déterminé de l’évolution nécessaire du Conseil national des barreaux.

Notre première démarche est ce très modeste bulletin qui sera notre lien, vers l’ensemble de nos collègues élus au sein du CNB, vers nos membres et vers l’ensemble des barreaux afin de partager le fruit de notre vigilance, et le bruit de cailloux tombés dans les étangs.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
L’art contre les rites :

Le nom d’avocat existe toujours, le métier survit, mais l’art de l’avocat semble s’évaporer, comme l’eau de ces lacs dont les photos aériennes font apparaître, années après années, les contours rétrécis et les eaux devenues stériles.

L’avocat se définit par sa fonction et par la structure qui l’abrite. L’avocat est d’abord membre un groupe organisé au sein d’un Ordre, mot dont la polysémie désigne à la fois l’institution qui regroupe et l’acte qui tranche.

Est avocat celui qui est reconnu comme tel par ses pairs, qui demeurent ses seuls juges au nom d’une éthique commune.

Ce processus a permis au groupe de survivre, se reproduisant par une sorte de scissiparité, constamment proclamée par le rappel incessant des mannes de ses membres disparus.

Cette évocation constante d’un passé dont la répétition semble en soi une vertu avait un sens dans un monde façonné par la parole, l’écriture et la mémoire.

Ce bouclier a-t-il toujours les mêmes qualités dans un monde régi par l’instant, l’image, et l’intuition ?

Devons-nous répéter, comme des mantras ou des ritournelles, mots du rite et de la redite, des règles qui, parfois, perdent la précision de leur traits et finalement leur lien avec le réel, comme des photocopies sans cesse reproduites ?

Si un art plonge nécessairement ses racines dans le passé il ne vaut que par sa projection vers le futur. L’inspiration vient toujours de l’avant c’est-à-dire de ce qui, en un seul mouvement, existe déjà et vient à peine.

*
*      *


Se dissoudre dans l’évidence :

Un sentiment de malaise indicible apparaît dès lors que nous nous posons la question de la place du Droit aujourd’hui et de la place de l’Avocat.


Les deux rives du Droit et de la Justice semblent s’éloigner et les passeurs que nous sommes peinent souvent à conduire les passagers, que sont nos clients, d’une rive à l’autre, emportés par le courant de textes prolifiques et parfois contradictoires.

Il faut sans cesse rappeler que le but ultime du Droit ne doit pas être de se développer mais au contraire de se « dissoudre dans l’évidence » dont le reflet provient de l’attention portée aux situations et aux autres.

Le cancer réglementaire agit comme la caulerpa taxifolia, cette algue tueuse, partie d’un aquarium vidé en pleine mer  qui prolifère désormais comme un défoliant de fonds marins.

L’Avocat en s’adaptant à l’inflation réglementaire a rempli son rôle. Aujourd’hui son devoir est d’en dénoncer les excès et de redéfinir sa mission.


Figures imposées et concessions contemporaines:

Pour s’adapter l’Avocat a suivi les figures imposées de son époque : Spécialisation et évaluation du coût du temps. Ces deux thèmes suscitent aujourd’hui bien des malaises.

Pour ma part j’aime être en présence d’une matière dont j’ignore la plus grande partie et qui m’oblige à tout reprendre depuis les premières catégories jusqu’aux dernières décisions. Un Avocat n’intervient pas seulement pour répéter ce qu’il connaît mais pour interroger ce qu’il ignore et que son client ignore et pour poser, avec lui une multitude de questions.

C’est à partir de là que le travail commence. Adossé à une formation de généraliste, l’avocat spécialisé va au devant des besoins et des demandes, en concertation avec d’autres spécialistes avec lesquels il entretient des relations suivies et organisées (cf. infra le «hub »).

De la même façon la pratique du sablier est peut-être un soulagement mais aussi une contrainte qu’un poète centrafricain formulait ainsi : « vous autres, occidentaux, vous avez tous des montres mais vous n’avez jamais le temps ».

Bien sûr l’augmentation des coûts et la limite du temps disponible impose un calcul. Ce calcul, légitime s’il demeure une boussole pour conduire nos cabinets devient un esclavage s’il est le principal repère comme c’est parfois le cas.

L’Avocat, produit d’une institution qui se contemple dans le miroir d’un rétroviseur, suit le rythme de ceux qui adoptent les modes lorsqu’elles commencent à passer.


En découvrant les mérites de la rationalité industrielle et du taylorisme n’avons-nous pas sacrifié notre art et adopté les voies et moyens d’une révolution industrielle dont le monde contemporain lui-même semble chercher à s’affranchir ?

Et si, pour une fois, nous étions de plein pied avec notre époque au nom même des valeurs qui sont les nôtres ?


*
*      *



« Plonger au fond de l’inconnu pour y trouver du nouveau »  :

Entre le cabinet individuel, laminé par la structure des charges et le cabinet industriel parasité par le stress productiviste il y a une place à inventer en nous inspirant, après un tri sélectif minutieux, des mots, des concepts et des réalités de notre temps dont voici quelques exemples inachevés:


Temps partiel :

Les coûts de structures, notamment immobiliers et le besoin ressenti par des confrères exerçant à temps partiel (2.000 à Paris) par choix personnel ou parce qu’ils exercent d’autres activités (enseignant, conseiller prud’homal, élu local) impose désormais la possibilité de partager à temps partiel des bureaux dès lors que les règles strictes de confidentialité sont strictement respectées.

Cette possibilité, aujourd’hui reconnue par tous les Ordres est un progrès majeur ; les SCM qui en sont les outils permettant de mutualiser non seulement les abonnements et le matériel bien évidemment utilisé « à temps partiel » mais également les bureaux.

A une époque ou toutes les vies professionnelles se déroulent en plusieurs phases au cours d’une même carrière cette souplesse permet aujourd’hui:

-  à un confrère dont l’épouse est enseignante en province de bénéficier d’un cabinet équipé pour le temps dont il a besoin et à un coût compatible avec le temps consacré à sa famille,



- à un confrère dont l’activité se réduit (ou au contraire se développe)  d’adapter son temps et ses charges à la réalité évolutive de son cabinet,

- à un confrère dont le travail sur dossier constitue l’essentiel de son activité de travailler principalement chez lui, ne venant au cabinet que pour ses rendez-vous ou la préparation matérielle d’une plaidoirie.


Hubs :

Chacun connaît le modèle économique qui consiste pour des compagnies aériennes à synchroniser les correspondances en gardant le contrôle des centres d’échange les plus grands.

De la même façon je préconise le regroupement de confrères dont les activités spécialisées sont complémentaires et qui s’engagent à suivre des méthodes communes jusque dans le détail tout en gardant leurs structures propres.

Leur référencement sur un site commun permet ainsi à tous d’accélérer le flux de leurs échanges et de permettre aux clients de trouver rapidement le conseil adapté à leur besoin spécifique avec l’assurance d’un label de qualité.

Le « hub » juridique répond au besoin croissant d’avoir une demande complète dans une vaste gamme de spécialités.

Le « hub » juridique de demain peut être sinon le substitut du « grand cabinet » d’aujourd’hui au moins une alternative complémentaire à ce dernier sous réserve que les membres du « hub » partagent des méthodes strictes et une déontologie commune forte car c’est là que réside l’élément essentiel de leur identité commune. « hub » signifie « moyeu » et une roue ne vaut que par la solidité de son rayon le plus faible.


Low cost - Publicité et droit de masse :

L’avocat est d’abord un artisan. Il est de ce fait exclu de l’accès à la demande de Droit de masse dont la satisfaction suppose une rationalisation des procédures de traitement à grande échelle.

Pris entre une structure de coûts industrielle (charges, immobilier, abonnements, informatiques, télécom, etc ….) et une structure de revenus qui s’apparente à une économie de cueillette, l’avocat voit le coût de ses interventions s’élever à un niveau qui en exclut ceux qui en ont le plus besoin.

Les divers mécanismes actuels d’assistances mis en place par l’Etat, les Ordres ou encore le riche foisonnement des associations bénévoles représente en réalité un impôt supplémentaire supporté par la profession, comparable au « don gratuit » dont l’Eglise s’acquittait sous l’Ancien Régime.



Cette immense contribution des Avocats à la collectivité n’est prise en compte par aucune statistique, par aucune déclaration et n’ouvre droit à aucune compensation, notamment fiscale, alors que l’Aide Juridictionnelle pourrait, en complément de l’indemnisation perçue ouvrir un droit à abattement au titre des BNC.

Dans le même temps, la manne du « Droit de masse » est récoltée par les organismes prescripteurs de diverses institutions qui vendent sur une vaste échelle des contrats à coloration juridique mais qui ne sont pas des « actes d’avocat » avec les garanties qui résultent de ces derniers.

Là encore il nous faut revenir à la source de nos principes pour en définir la portée actuelle.

La publicité, dont la seule évocation appliquée à notre profession aurait effrayé nos grands-parents est admise, le démarchage demeure prohibé.

Le principe directeur qui guide la ligne de démarcation entre les deux étant d’une part le fait de porter à la connaissance d’un groupe plus ou moins vaste l’existence d’un cabinet et sa compétence (publicité autorisée), et d’autre part le fait de proposer directement des services à un client potentiel (démarchage prohibé).

La force de l’identification entre l’avocat et le service qu’il incarne rend cette distinction parfois difficile.

La déclinaison concrète du principe posé me semble résulter non d’une réflexion rationnelle mais d’une réaction de l’institution ordinale, dépassée devant la formidable explosion technologique des médias qui pousse nécessairement l’avocat à exister à travers eux et qui a fait céder l’Ordre sur un point (la publicité) posé comme une digue pour ne pas être emporté par les flots (le démarchage) comme une rivière sortie de son lit.

La distinction me semble pourtant artificielle à certains égards.

Il est à l’évidence plus choquant de voir un cabinet faire une publicité formelle dans de grands médias, voire de sponsoriser massivement tel événement ; comme c’est parfois le cas, que de voir un cabinet expliquer concrètement, de façon transparente et honnête, les modalités de son intervention dans un domaine particulier à un groupe spécifique de personnes ou de sociétés en quête de conseils éclairés.

La mise en place par des cabinets de contrat d’assistance juridique, dès lors qu’ils interviennent dans des matières spécialisées, requiert à l’évidence un contact direct entre ces cabinets et leurs clients potentiels dont le nombre seul justifie l’économie générale du contrat.

Pourquoi les cabinets ne pourraient-ils pas promouvoir librement des contrats de masse, assortis des garanties requises ?


A défaut, ce vaste champ d’activité demeurera l’apanage des compagnies d’assurance ou de protection juridique dont les avocats demeureront les dociles soutiers.


Déontologie : Le debriefing régulier

Les pilotes de certaines compagnies aériennes évoquent régulièrement entre eux tel ou tel vol au cours duquel un pilote a conscience d’avoir légèrement dépassé le mode opératoire habituel même si rien de grave ne s’est passé. C’est une façon d’être constamment en alerte dont nous pourrions nous inspirer. Certes la pratique du « membre référent » mise en œuvre par l’Ordre des Avocats au Barreau de Paris relève de cette approche, mais je crois qu’en l’absence de régularité dans les rencontres le recours  au « membre référent » n’intervient que ex post et non ex ante, c’est-à-dire parfois trop tard. Je propose d’instituer cette pratique de façon informelle mais régulière entre ceux d’entre nous qui le souhaitent.


Le lien solidaire :

L’attachement particulier que je porte aux membres honoraires m’a fait partager avec leurs responsables la proposition suivante : Permettre à chaque avocat honoraire d’avoir parmi les avocats en activité un correspondant chargé de répondre gracieusement à leurs demande concernant des préoccupations juridiques qu’ils peuvent avoir et qui présente pour eux une difficulté en raison de la technicité de la question posée ou de leur éloignement croissant du foisonnement législatif.

Cette pratique est déjà en vigueur dans certains cabinets. Elle est sans doute un moyen fort de maintenir un lien indispensable les générations qui nous précèdent et qui sont à la fois dépositaires de notre mémoire et annonciatrices de ce que nous serons un jour.


L’appariement des Ordres – Vers un Barreau National:

Il est temps de songer au regroupement de nos forces au sein d’un Barreau National et dès aujourd’hui de favoriser l’appariement des Ordres dont plus de la moitié regroupent moins de cinquante confrères alors que les coûts fixes de gestion d’un Ordre ne cessent de croître.


Depuis le 1er septembre 2007  les avocats établis auprès de plusieurs tribunaux de grande instance situés dans le ressort d'une même Cour d'Appel peuvent, par décision votée à la majorité des voix des avocats de chaque barreau, se grouper pour former un seul barreau.



Le Cercle des Avocats Indépendants, conscient du nécessaire renforcement des barreaux de province, souhaite que le C.N.B consulte, au sein des départements concernés les avocats en vue d’organiser un regroupement progressif et volontaire des barreaux dont les moyens s’avèreraient notoirement insuffisants pour relayer utilement en leur sein l’action entreprise au niveau national.


*
*      *


L’ours blanc aux marches du Palais:

L’avocat d’aujourd’hui  est souvent comme cet ours blanc qui nage, monte sur la banquise qui se brise sous le poids de ses pattes gorgées d’eau et repart.  Il nage, s’appuie un instant sur la glace qui cède à nouveau.

Il s’enfonce, nage encore et encore, chaque année un peu plus longtemps, un peu plus loin, à la recherche d’une banquise sans cesse plus fine et fragile.

Pourquoi nos manifestations publiques contre des réformes qui nous choquent sont-elles souvent empreintes d’une chaleur joyeuse et pourtant suspecte ? Une sorte de pudeur nous retient de mettre les mots sur le sort que nous partageons avec les ours blancs : celui d’un espèce magnifique et  sans doute menacée.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Laurent DEVAUX est avocat au Barreau de Paris depuis 2000. Avocat généraliste, candidat au CNB au sein de la liste du Cercle des Avocats Indépendants, il participe aussi à la rédaction de la revue D.O actualité.


PREMIERES REFLEXIONS SUR LA RESIDENCE PROFESSIONNELLE DE L’AVOCAT

    Le sort des locaux et de la résidence professionnelle des avocats soulève aujourd’hui – au moins - deux questions.

    En premier lieu le statut juridique des locaux dans lesquels nous exerçons ; Pour quels motifs ne peut-on bénéficier du statut du bail commercial ?
    Dans certaines circonstances il s’agit d’un frein au développement de l’activité de l’Avocat ; certains bailleurs sont parfois réticents à offrir au preneur Avocat le bénéfice d’un bail professionnel.

    En deuxième lieu quelle est la nécessité, au XXIème siècle, d’être domicilié dans le ressort du Tribunal de Grande Instance auprès duquel nous sommes inscrits.
Cette obligation se justifie-t-elle encore ?
    La situation est sans doute différente selon les Barreaux, selon la taille des villes, selon les difficultés de transports, selon les difficultés de trouver des locaux…
   
    En toutes hypothèses, certaines évolutions doivent être prises en considération.
L’importance du montant du loyer et les moyens de communication modernes doivent conduire la profession d’avocat à revoir la situation actuelle.

    Certains confrères ne reçoivent qu’exceptionnellement leurs clients. Dans une telle hypothèse des locaux dans le ressort du Tribunal de Grande Instance sont-ils indispensables ?

    Des formules de sous-locations temporaires, de mises à disposition de salles pour des rendez-vous dans les maisons de l’Avocat, des rendez-vous chez les clients eux-mêmes doivent pouvoir être envisagés ou facilités. Pourquoi contraindre des Confrères à avoir une domiciliation dans le ressort du Barreau, au risque de voir se développer les simples boites aux lettres et la gestion du suivi du courrier, alors même que le travail est effectué dans un autre lieu ?

  Le travail à domicile - celui de l’avocat ou celui du client – est une réalité ; Il convient de le prendre en considération pour adapter nos règles professionnelles.

    Naturellement, la question de la modernisation du sort des locaux et de la résidence professionnelle doit se confronter à d’autres questions qui lui sont liées, telles la territorialité de la postulation, la possibilité de partager des locaux avec d’autres professionnels et les structures pluridisciplinaires.


A SUIVRE…

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Muriel LAROQUE est avocat au Barreau de Paris depuis 1972. Spécialisée en Droit des Personnes et en Droit Pénal, elle est également Présidente de l’Association des Avocats de la Famille (A.A.F.).

    Lorsque le Cercle des Avocats Indépendants m’a proposé d’être l’un de ses candidats, j’ai accepté avec enthousiasme, alors que je n’ai jamais souhaité me présenter à une élection.
 
    Aujourd’hui, et plus que jamais, la profession d’Avocat va se moderniser, s’adapter à l’évolution de la société ; tant mieux ! Et c’est une chance pour nous de participer à l’avenir de la Justice, de redéfinir les contours de notre activité professionnelle afin d’offrir au justiciable le meilleur service tout en restant fidèle à notre serment.

    Notre quotidien est rude, de plus en plus rude car les relations entre Magistrats et Avocats se détériorent au fil du temps. Faut-il rappeler que nous sommes tous des auxiliaires de Justice ?

    Et pourtant… qui le croirait aujourd’hui, au regard des tensions entre nos deux professions qui semblent de plus en plus s’ignorer ?
 
    Quelles en sont les raisons ?
 
    Une culture judiciaire différente dispensée à l’ENM et au CRFPA, des impératifs économiques particuliers pour l’Avocat nécessitant une optimisation des coûts de son Cabinet.

    Globalement, les Magistrats se plaignent souvent de notre manque de courtoisie, de notre désinvolture, de dossiers vides de pièces essentielles.

    Globalement les Avocats déplorent souvent que l’équité l’emporte sur le droit, qu’utiliser son Code de Procédure Civile ou Pénale soit considéré comme de l’acharnement procédurier ou d’une multiplicité d’actes inutiles, de ne pas être reconnus dans notre travail, l’article 700 du CPC en est une magnifique illustration…
 
    Que faire et comment remédier à ce malaise ?

    D’abord, s’il est exact que nous sommes de plus en plus nombreux et que le nombre des instances judiciaires augmente face à des Juges et des Greffiers débordés, l’ensemble de ces raisons implique que nos échanges soient restreints.

    Mais, il est certain que lorsque nous prenons le temps de nous connaître, nous nous apprécions individuellement.

    Restaurer la confiance, le dialogue entre nos deux professions, c’est apprendre à mieux coordonner nos efforts au sein du réseau judiciaire, c’est privilégier le règlement amiable des conflits, c’est continuer de multiplier les colloques, les réunions entre nous pour mieux appréhender les difficultés de nos champs respectifs et exercer notre mission le plus sereinement possible.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Jean-Christophe BEAURY est avocat au Barreau de Paris depuis 1995. Titulaire d’une maîtrise en droit économique et fiscal" (Paris II) et d’un LL.M en "droit économique et international" de l’Université de Londres, il est spécialisé dans les fusions acquisitions au sein de grands cabinets (actuellement Debevoise & Plimpton).

   La réforme de notre formation initiale, opérée par la loi n° 2004-130 du 11 février 2004 et son décret d'application, a permis d'apporter certaines réponses utiles à la nécessité d'appréhender de manière plus concrète les nombreuses attentes du métier d'avocat.

    Cet effort d'adaptation de la formation initiale aux réalités et contraintes de notre quotidien professionnel doit être poursuivi.

    Il en va de l'intérêt de nos jeunes confrères et de celui de notre profession dans son ensemble.

    Une formation en phase avec les attentes de nos clients et soucieuse de son adaptation aux mutations socio-économiques est à la fois un gage d'intégration rapide lors de l'entrée dans la profession et un vecteur de crédibilité dans nos rapports avec nos clients et le monde extérieur en général.

   Les axes autour desquels l'effort engagé doit se poursuivre sont nombreux : développer les partenariats/passerelles pédagogiques avec d'autres écoles (commerce, magistrature, gestion, notariat, etc.) et syndicats professionnels, renforcer l'aspect pratique des enseignements fondamentaux, promouvoir la qualité et la diversité des intervenants extérieurs, insister sur l'importance des langues étrangères, adapter le contenu des enseignements fondamentaux aux différentes facettes du métier d'avocat et à son évolution, etc.

    Les enjeux de la formation dépassent également le strict cadre des centres régionaux de formation professionnelle et poussent à s'interroger plus largement sur les nécessaires réformes de la formation universitaire.

    Compte tenu des prérogatives qui sont les siennes, le CNB joue et jouera à l'avenir un rôle déterminant en matière de formation et d'harmonisation des programmes. Sa qualité de représentant de la profession d'avocat et d'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics le placent également dans une situation idéale pour mener à bien les réformes nécessaires à la modernisation et au rayonnement de notre profession

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 Arnaud LIZOP est avocat au Barreau de Paris depuis 1980. Titulaire d'un DEA de droit public (Paris II) et d'un DEA de sciences politiques (IEP de Paris), il est également intervenant à initiadroit, membre de la sous-commission du Conseil de l'Ordre "Majeurs vulnérables" et de "Paris Barreau Solidarité". Il est par ailleurs navigateur (Cap Horn – 1973).

   Le périmètre du Droit n'est pas le pré carré des avocats. Notre singularité tient à notre lien avec des principes fondamentaux : confidentialité absolue, respect du contradictoire et délicatesse qui seule, permet à nos affrontements de produire toute la vigueur du Droit sans la violence de la force.

     Ces contraintes nous distinguent d’autres univers dans lesquels règnent l’exclusive des rapports de force. Elles imposent que des privilèges nous soient reconnus afin de  permettre au Droit de produire pleinement ses effets et que soit protégé le champ opératoire de l’avocat et le périmètre de son action.

     Aujourd’hui, la production industrielle de pseudo-droit par des agents de toutes sortes fait de l’avocat un être isolé sur un territoire que gagne la sécheresse.

     Il ne s’agit pas de défendre mais d’étendre le périmètre du Droit en nous emparant des techniques nouvelles pour en utiliser la puissance encadrée par nos Principes réitérés.

     La reine Elisabeth 1ère d’Angleterre adressait à ses explorateurs un : « Salut à vous découvreurs d’impossible ». Voilà ce que sont les Avocats Indépendants : les découvreurs d’une nouvelle frontière du Droit, à inventer et à protéger par les règles anciennes, et toujours actuelles, qui sont les nôtres.

     Nous devons lutter, plus fortement, contre les braconniers du Droit, connus de tous. Nous devons promouvoir de nouvelles approches, contrats de masse, mutualisation accrue des moyens en documentation et en locaux pour les petites structures, collaboration institutionnelle avec les pouvoirs, présence renforcée des avocats dans le processus législatif.

     Les Avocats Indépendants mèneront au sein du C.N.B ces combats pour de nouvelles frontières du Droit et de l’Avocat.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Patrice REMBAUVILLE-NICOLLE est avocat au Barreau de Paris depuis 1973. Chevalier de la Légion d’Honneur et du Mérite Maritime, Ancien Membre du Conseil National des Barreaux et du Conseil de l’Ordre des Avocats à la Cour de Paris, il est également le co-fondateur du Cercle des Avocats Indépendants. On lui doit aussi de nombreuses publications sur le droit maritime et aérien, secteur dans lequel il est particulièrement impliqué.


A quoi sert le Conseil National des Barreaux ?
 
    Alors qu’il est en fonction depuis 1992, cette  question pourrait paraître incongrue.

    Chacun sait, en effet, ou devrait savoir (mais il  arrive même au Garde des Sceaux, ce fut aussi le cas de ses prédécesseurs,  de ne pas respecter la Loi…) que le Conseil National des Barreaux est la  seule institution légalement investie de la représentation des Avocats  auprès des Pouvoirs Publics.
 
    Parmi les raisons qui m’ont  finalement conduit à démissionner à l’issue du 1er tiers de mon 3ème mandat,  figure en bonne place ma lassitude de voir que ni les Pouvoirs Publics ni,  surtout, les Avocats, à commencer par les «chefs» qui prétendent diriger  la Profession, ne respectent les textes qui s’imposent à  nous.
 
    L’affligeant spectacle (je ne critique pas ici  l’excellente prestation du Président Iweins) auquel j’ai assisté lors de l’Assemblée plénière de la Convention Nationale des Avocats, à Lille,  vendredi 17 octobre, ne m’a pas rassuré et les projets dont j’ai  connaissance m’inquiètent encore davantage.
 
    Qui peut croire , en effet, qu’il est n'est pas contradictoire de proclamer sans rire que la Profession d’Avocat est unie et parle d’un seule voix alors qu'ont pris  successivement la parole le Président de la Conférence des Bâtonniers , le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris puis  le Président du Conseil  National des Barreaux ? Emouvante trinité ! Unité de façade  !
 
    Qui peut croire, aussi, que le Bâtonnier de Paris  actuellement en exercice et qui, fin stratège, a décidé de se faire coopter en qualité de membre ordinal lors des élections du 9 décembre 2008,  aurait l’intention de venir siéger au Conseil National des Barreaux pour  renforcer la position de son Président (qui sera issu de la Conférence des  Bâtonniers en application de petits arrangements si chers au microcosme) et mettre ainsi un terme à la cacophonie ruineuse et ridicule que les Pouvoirs Publics prennent plaisir à constater et parfois à susciter ? Il y va,  bien sûr , pour peser de tout le poids de son Barreau, ce qui n'est pas une  erreur en soi, mais également pour provoquer le désiquilibre de  l'institution si elle ne suit pas les avis du Barreau de Paris, ce qui  n'est pas respecter la Loi et la Démocratie ... Je rêve que les faits me donnent tort !
 
    Partout, à tout propos, ces temps-ci, on parle de «bonne gouvernance». Que ceux qui, pour de bons ou de mauvais motifs, voudraient ne pas devenir Avocats dans le cadre d’une future et hypothétique « Grande Profession » (que la Liste Indépendante appelle de ses voeux) soient rassurés : ce n’est pas encore au Barreau tel qu’il est composé et sera représenté qu’ils rencontreront une influence, concurrence et une compétitivité susceptibles de porter atteinte à leur indépendance  !

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

 


Gilles HUVELIN est avocat au Barreau de Paris depuis 1976. Spécialisé en droit commercial, ill est également mandataire devant les tribunaux de commerce de Paris, Nanterre, Bobigny, Pontoise et Créteil.

         
Pourquoi ne pas demander à ce que les honoraires versés aux avocats soient déductibles des revenus déclarés par les particuliers à défaut d’obtenir un taux minoré de T.V.A.


    Pourquoi ne pas opter pour un véritable service public de l’A.J et ouvrir des bureaux d’A.J. à avec des avocats salariés par l’Etat ?

    Pourquoi ne pas permettre aux juristes d’entreprise d’avoir le statut d’avocat comme en Espagne, et pourquoi interdire à un Avocat de devenir juriste d’entreprise ? 

    Pourquoi ne pas permettre aux magistrats de s’inscrire au barreau et trouver une possibilité pour les avocats de devenir magistrats ?

    Pourquoi tous les juristes n’auraient-ils pas une formation commune ? Il n’est pas normal que les  avocats et les magistrats n’aient pas les mêmes écoles, la même formation initiale et permanente. Celle-ci est indispensable et devrait être mené avec  l’Université.

    Pourquoi ne pas considérer le mensonge énoncé devant un juge comme une offense pénalement réprimée à l’encontre des parties ou disciplinairement sanctionnée à l’égard des avocats ?  Il s’agit d’une entrave  à  la manifestation de la vérité et au fonctionnement de la justice.

    Pourquoi prétendre lutter efficacement contre tous les trafics et  le blanchiment de l’argent sale sans demander la suppression de la monnaie liquide au profit de cartes de paiement adossées obligatoirement à un compte bancaire.

    Pourquoi la Cour de Cassation, qui rend des arrêts au nom du peuple français, ne rend pas de compte aux  représentants de la nation et que ces derniers n’exercent pas un contrôle de l’application de la loi par les juges comme par l’Etat?

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus